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CHRS Quai de Metz : nouveau centre pour nouvelles vies

Avoir une clé, pouvoir se cuisiner des petits plats, recevoir des amis… Dans leurs studios conçus comme des cabines de bateau, des hommes et des femmes hier à la dérive profitent d’une escale au calme avant de voguer vers leur avenir. Visite guidée du centre d’hébergement d’Emmaüs Solidarité Quai de Metz, entièrement réhabilité dans le cadre du programme d’humanisation opéré par l’Anah.
Extrait des Cahiers de l’Anah n°150 – Photos : Stephan Nordic

Un cadre propice pour reprendre sa vie en main

27 juin 2016, une agitation exceptionnelle règne au pied de cet immeuble typique de l’architecture des trente glorieuses situé à la jonction du quai de Metz et du quai de la Marne, en bordure du canal de l’Ourcq (Paris 19e). Emmanuelle Cosse, ministre du Logement et de l’Habitat durable, Blanche Guillemot, directrice générale de l’Anah et plusieurs élus de la ville de Paris et du XIXe arrondissement sont venus inaugurer officiellement le centre d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) Quai de Metz d’Emmaüs solidarité, réhabilité en profondeur. Il y a là aussi une partie des 18 résidents actuels de la structure, dont Maïmouna Barry qui habite au CHRS depuis 8 mois, après plus d’une année de galère dans des squats. Lieux de transition pour une réinsertion sociale et professionnelle, les CHRS accueillent les personnes connaissant de grandes difficultés économiques et sociales. 

Ici, avec l’aide de toute l’équipe du centre, la jeune femme ivoirienne sans papier retrouve enfin la sérénité et le goût d’avancer. C’est avec un grand sourire qu’elle ouvre la porte de son studio. "C’est petit mais tout a été bien pensé pour qu’on puisse vivre sa vie au calme. Ici, je peux me reposer, prendre soin de moi, et surtout inviter des gens, à commencer par ma voisine avec qui je suis devenue amie. Au centre, je retrouve un peu de cette chaleur humaine qui aide à tenir bon quand les temps sont durs". 

Un projet de longue haleine

En 2013, à l’époque où le CHRS s’ouvrait sur le Quai de la Marne, les locaux de 600 m2 étaient vétustes, mal ventilés, deux des chambres étaient doubles et les sanitaires et les salles d’eaux étaient partagés par les 18 occupants. Sans compter que la quasi-totalité de la superficie, chambres comprises, était éclairée toute la journée à la lumière artificielle, les 40 mètres linéaires de vitrage ayant été obturés parce que les chambres donnaient directement sur la rue, à hauteur du regard des passants. 

"Cela fait plusieurs années que nous souhaitions rénover ce centre en profondeur car nous sommes convaincus que la qualité des lieux d’hébergement participe pleinement au travail de réinsertion sociale", résume Jean Souleyreau, directeur de territoire chez Emmaüs Solidarité pour les XIXe et XXe arrondissements ainsi que pour la Seine-Saint-Denis. Le projet vise l’individualisation de l’hébergement avec, autant que possible, des points d’eau et des espaces de cuisine privatifs. Il préconise également la mise en place d’une réflexion sur le projet social du centre : "Ce qui a débouché sur l’ouverture du CHRS à la mixité, car auparavant, il n’accueillait que des hommes isolés de 18 à 40 ans", note Véronique Giacobino, chargée de mission à l’Anah. 

18 studios individuels

Aujourd’hui le CHRS Quai de Metz dispose de 18 studios individuels, dont 14 modules préfabriqués dessinés par l’architecte Blanche de la Taste. "Tous les modules ont été conçus à l’identique : ils offrent une chambre, une salle de douche et une kitchenette/salle à manger/salon", explique l’architecte. Grâce à quelques aménagements (lavabo/évier pivotant, lit individuel transformable en lit double), l’ensemble tient sur une surface de 11,6 m2, égayée par des matériaux de qualité et un papier peint personnalisé. 

"C’est petit, admet Blanche de la Taste, et c’est même plus petit que certaines des anciennes chambres. Mais au fil des discussions avec les hébergés, nous avons réussi à les convaincre que les m2 comptaient moins que le confort, la praticité, l’intimité et la lumière". Résultat : les chambres ne donnent plus sur la rue mais sur un espace de circulation intérieure. Les rideaux qui obscurcissaient les fenêtres du bâtiment ont été enlevés et les résidents profitent désormais de la lumière naturelle. "Une chose est sûre, souligne Jean Souleyreau, ce nouveau CHRS, intégralement repensé, est un cadre propice pour reprendre les rênes de sa vie".