Un plan national pour lutter contre la vacance des logements

Le 20 janvier dernier, Emmanuelle Wargon, ministre du logement, et l’ensemble des partenaires ont lancé le Plan national de lutte contre les logements vacants. Quel est son intérêt et comment s’organise-t-il ? Explications.

 

Pourquoi un Plan national ?  

En France, 1,1 millions de logements privés sont vacants depuis au moins deux ans. On en compte 150 000 en zone tendue, là où la demande est pourtant la plus forte, parmi lesquels 100 000 seraient mobilisables et habitables sans que des travaux soient nécessaires. Pour enrayer cette spirale, le gouvernement a lancé le 20 janvier dernier un Plan national de lutte contre les logements vacants. Pour Simon Mathivet, chargé de mission politiques sociales du logement à l’Anah, "l’objectif premier est de produire des logements sans avoir à construire, en remettant rapidement sur le marché ces biens inoccupés, particulièrement dans les centralités de nos villes, en zones tendues ou détendues." Cela permettra ainsi de redynamiser certains territoires, de créer une offre abordable à travers le conventionnement Anah, et de limiter, parfois, la construction neuve de logements et donc l’artificialisation des sols.

Plusieurs actions pour remettre les logements vacants sur le marché

L’Anah, avec le Réseau national des collectivités mobilisées contre le logement vacant (RNCLV) est partenaire de ce Plan national, piloté par la DHUP (Direction ministérielle de l’habitat, de l’urbanisme et des paysages). Tous agissent selon 5 axes, dont 4 mobilisent fortement l’Anah :

  • Outiller les collectivités pour repérer, caractériser et suivre les logements vacants, sur leur territoire.
  • Valoriser et diffuser les démarches de lutte contre la vacance des logements. Une plate-forme d’échanges collaboratifs a par exemple été mise en place. Elle rassemble déjà près de 400 acteurs de terrain qui partagent leurs expériences et bonnes pratiques.
  • Mobiliser les logements vacants, en articulant les actions avec les politiques locales de l’habitat et d’aménagement.
  • Déployer de manière accélérée le Plan sur un échantillon de territoires et avec un accompagnement renforcé. Un appel à candidatures pour les collectivités territoriales a été réalisé en février, les lauréats seront annoncés en avril.

Montée en compétence et sur-mesure

Selon Simon Mathivet, "la réussite de la lutte contre la vacance passe par la montée en compétence et l’outillage des collectivités territoriales. C’est l’échelon local qui est en capacité de convaincre les propriétaires, par des solutions incitatives. Cette montée en compétence va se faire grâce à des données clés en mains, des partages d’expérience et un accompagnement sur-mesure pour les territoires qui seront sélectionnés".
Deux outils sont notamment mis en place, par et pour les territoires :

  • une base de données LOVAC. Elle permet de connaître et de caractériser au plus près de la réalité les logements vacants sur un territoire. Grâce aux informations sur le logement et le propriétaire, des prises de contacts peuvent être réalisées pour leur proposer des solutions de remise sur le marché. Cette base de données est actualisée, au fil des remontées d’informations. La base de données LOVAC est facilement mobilisable, sur simple demande à la DHUP à l’adresse suivante : logement-vacant.dhup.dgaln@developpement-durable.gouv.fr
     
  • une solution numérique Zéro Logement Vacant. À partir des données de LOVAC, une cartographie interactive peut ainsi être générée pour que la collectivité puisse repérer et suivre plus facilement les logements vacants. Suite à des travaux d’études comportementales sur les propriétaires de logements vacants, la solution proposera également des pistes pour approcher de façon efficace ces propriétaires, de façon à les convaincre de "passer à l’acte". Cette solution numérique sera dans un premier temps mise en œuvre dans les territoires sélectionnés dans le cadre de l’appel à candidature, avant un déploiement national.