Thierry Repentin, un nouveau président pour l'Anah

Photo Louis Garnier

Les attentes autour de l’habitat privé sont croissantes. Enjeux écologiques autant que sociaux, accompagnement des ménages et massification des travaux de rénovation énergétique… Tour d’horizon des grands défis de l’Anah avec son nouveau Président, Thierry Repentin.

Vous prenez vos fonctions de Président de l’Anah. Quelle perception en avez-vous à votre arrivée ?

L’Anah se trouve au cœur de problématiques essentielles à notre pays, qu’elles soient environnementales, territoriales ou économiques. Problématiques que la crise sanitaire rend d’autant plus saillantes. Légitimement, les attentes sont fortes sur l'action de l'Agence. La nécessité d’intervenir sur les logements devient donc incontournable. C’est la conjugaison de l’ambition sociale, qui a toujours caractérisé l’Agence, avec un enjeu écologique fondamental. Ils se cumulent et se complètent. C’est ce qui fait la richesse de l’Anah, et l’ampleur du défi à relever. Je sais aussi que le principal atout de l’Agence, ce sont ses agents et son réseau ! Je salue leur engagement total, au siège comme dans les territoires, dans l’ensemble des pôles et des directions. Ils sont, en dépit d’une charge de travail considérable et de la crise sanitaire, toujours au rendez-vous des attentes. Et continueront à l’être.  

 

Quels sont ces grands enjeux pour l’Anah dans les prochains mois ?

C’est avant tout de réussir la massification des travaux d'amélioration de l'habitat, sans trahir l’ADN de l’Agence. Cela implique d’accélérer sur la rénovation énergétique, avec la même exigence sur la qualité des travaux. Cela est possible en encourageant les ménages à se faire accompagner dans leurs projets, en mobilsant l’ensemble des acteurs de l'éco-système, qu’ils soient publics ou privés, et en restant vigilant dans la lutte contre la fraude. Un autre défi majeur consiste à poursuivre les missions historiques de l’Agence en lien avec les collectivités, sur des priorités aussi essentielles que la résorption de l’habitat indigne, la réhabilitation des copropriétés, l’adaptation des logements à la perte d’autonomie, la mobilisation du parc privé à des fins sociales et l’humanisation des centres d’hébergement pour sécuriser les parcours des plus fragiles.

 

Vous présidez une Agence dont les objectifs sont croissants, dans un contexte particulier de crise sanitaire. Cela demande-t-il une attention accrue face à la fragilisation de certains publics ?

Le contexte appelle notre engagement. Nous devons continuer à accompagner les ménages dans leur projet, et à financer davantage ceux qui en ont le plus besoin. L'élargissement des publics bénéficiaires des aides de l’Agence ne peut se faire au détriment des plus modestes. L’accompagnement de ces ménages est plus long, nécessite plus d’investissement mais il est fondamental. Les moyens dévolus à l’Agence vont nous permettre de tenir ces engagements. En effet, l’Agence continue de connaître une croissance à la hauteur des objectifs qui lui sont fixés, avec un budget vraisemblablement au dessus de 2 milliards d’euros en 2021, notamment pour assumer les évolutions de MaPrimeRénov’. Nous devrions atteindre près de 136 000 logements subventionnés en 2020 grâce aux aides de l'Agence, et autour de 160 000 MaPrimeRénov’ distribuées…