Réhabiliter sans dénaturer à Mane

Photo Mane DR

Une collaboration entre l’Anah, l’Établissement Public Foncier régional et l’Architecte des Bâtiments de France s’applique à offrir un nouveau visage à Mane, village provençal qui compte plusieurs monuments inscrits ou classés. Réhabiliter sans dénaturer, en pleine ruralité : un pari en passe d’être réussi au cœur des Alpes-de-Haute-Provence.

Répondre à la forte demande

Bâtie autour d’une citadelle au sein d’un paysage très rural, Mane est avant tout un faubourg dont le front de rue borde une ancienne nationale. "Au fil du temps, les immeubles sont devenus vétustes et donnent à voir une image peu agréable de notre village" détaille Jacques Depieds, maire de la commune. Après un exode rural important dans les années 50, le secteur est aujourd’hui en pleine croissance. "Mais les gens qui reviennent habiter Mane ne peuvent le faire dans les logements existants, car ils sont souvent mal configurés, trop sombres et parfois dégradés", confie Raphaël Chalandre, chef du service Aménagement urbain et Habitat à la direction départementale des territoires (DDT) des Alpes-de-Haute-Provence. En parallèle, la présence importante de résidences secondaires augmente considérablement les prix. L’enjeu consiste donc bien à rendre le parc ancien plus attractif et accessible, pour que les habitants réinvestissent le centre plutôt que la périphérie.

Initier et piloter

Dès 2011, la ville sollicite l’Établissement Public Foncier (EPF) pour mener une étude pré-opérationnelle. C’est alors que s’amorce la collaboration avec l’Anah et l’Architecte des Bâtiments de France. Plus de 2 millions d’euros sont mobilisés dans le cadre d’une opération ambitieuse, accompagnée par la DDT. "La collectivité ne dispose pas de compétence particulière sur le montage d’opération. En tant que délégation territoriale de l’Anah, notre rôle est d’être à ses côtés pour monter et piloter son projet" témoigne Raphaël Chalandre. "Avec l’Anah, l’EPF et les services de l’État, nous avons les outils pour agir. C’est une chance et il faut en faire usage sans hésiter" estime Jacques Depieds.

Montrer l’exemple

L’efficience est au rendez-vous puisque 3 immeubles, 12 logements et 2 commerces ont déjà été réhabilités. "Le village a totalement changé, les gens qui ne sont pas revenus depuis longtemps sont frappés par l’évolution. Dans le même temps, nous nous sommes attachés à préserver notre patrimoine, notamment nos rues en calades* qui font le charme de l’endroit". Ces réalisations font des émules et suscitent le changement. Quatre communes voisines (Saint-Michel l’Observatoire, Revest-les-Brousses, Banon et Reillanne) vont franchir le pas dans le cadre d’une ORT (opération de revitalisation de territoire) lancée en 2020. "Nous avons insufflé le mouvement, se réjouit Jacques Depieds, qui est aussi Président de l’établissement public de coopération intercommunale (EPCI). Des opérations ambitieuses, avec des investissements importants, vont naître." Les maires sont séduits et intègrent le temps nécessaire aux opérations. "Certes, il faut être patient, mais le résultat en vaut la peine."

 

* Chaussées pavées provençales