Réhabilitation multiscalaire à Rennes

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Avec l’appui de l’Anah, la réhabilitation des logements du centre-ville de Rennes répond à des objectifs de sécurité, de diversification de l’offre et de mise en valeur du patrimoine. Explications.

Objectif sécurité

L’histoire de ces réhabilitations démarre véritablement en 2008 suite au rapport de l’architecte Pascal Tattier, qui révèle que 660 logements du centre ancien sont dans un état problématique. Une concession d’aménagement est alors confiée à Territoires Publics, la Société Publique Locale d’Aménagement. L’objectif ? "Commencer par traiter 150 immeubles prioritaires lors d’une première phase d’intervention, entre 2011 à 2016. Il fallait solutionner des problématiques immédiates sur les appartements et les parties communes, pour garantir la sécurité des occupants", explique Mélanie Barchino, cheffe de projet chez Territoires Publics. Pour mener à bien sa mission, la Ville s’est appuyée sur deux Opah-RU * successives, la 2ème s’achevant en 2023.

Préserver le patrimoine médiéval

"Réhabiliter, c’est aussi œuvrer pour le tourisme. L’objectif ne consiste pas seulement à montrer de belles façades, c’est également faire la preuve de l’entretien des logements. Il en va de l’attractivité de notre ville" explique Honoré Puil, Vice-président de Rennes Métropole en charge du logement. Le patrimoine remarquable du centre-ville, protégé depuis 1985 par un secteur sauvegardé, suscite des travaux spécifiques. "50% des coûts portent sur les structures des bâtiments, note Mélanie Barchino. Un ratio qui s’explique par la particularité constructive, puisque nous sommes en présence de pans de bois avec des remplissages en terre et en chanvre pour garantir une meilleure isolation." Des procédés traditionnels du Moyen-Age plus longs et plus coûteux, mais néanmoins plus respectueux du patrimoine rennais. Cette préservation de l’histoire des lieux et des savoir-faire ancestraux constitue un parti-pris indiscutable de la rénovation du centre historique.

Rénover plus de 3 000 logements

Au-delà de la réponse à l’urgence et à la préservation de ce précieux patrimoine, l’objectif, pour la municipalité incluait également la diversification de l’offre et la restructuration des logements, pour pouvoir accueillir des familles. "Nous avons toujours voulu que le centre-ville ne soit pas uniquement habité par des étudiants ou des propriétaires bailleurs installés de longue date. Nous nous fixons donc l’impératif permanent de mixer nos opérations" poursuit Honoré Puil.

Aujourd’hui, toutes les copropriétés comptabilisées ont voté ou engagé les travaux. "Avec une moyenne de 10 logements par immeuble, nous atteindrons près de 3 000 logements rénovés début 2024, constate Mélanie Barchino. C’est un chantier colossal, que l’on peut mener à bien grâce à l’appui et l’ingénierie financière déployés par l’Anah, Rennes Métropole et la Ville de Rennes." Honoré Phil se réjouit de ces aides qui, selon lui, "provoquent un déclic chez les propriétaires, dont beaucoup n’auraient pas les moyens de se lancer dans de tels projets sans ce soutien".

 

* Opération programmée d’amélioration de l’habitat de renouvellement urbain