Mieux intervenir sur l’habitat en Outre-mer

Mayotte

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L’Anah, le Ministère chargé du logement et le Ministère des Outre-mer viennent de signer une convention de partenariat. L’objectif ? Répondre aux besoins importants de rénovation de l’habitat dans les territoires d’Outre-mer et coordonner l’ensemble des acteurs dans le cadre du Plan logement Outre-mer II du Gouvernement de 2019. Explications.

Augmenter l’intervention en Outre-mer, un impératif

Dans les 5 Départements-Régions françaises d’Outre-mer dans lesquels l’Anah intervient, près de 650 000 logements privés permettent de loger 85% de la population. Le taux d’insalubrité de l’habitat est trois fois plus élevé qu’en métropole et 61% des locataires du secteur privé sont des locataires modestes. Pour rénover l’habitat, l’Anah, le Ministère du logement et le Ministère de l’Outre-mer ont signé une convention de partenariat. "Avec la montée en puissance des programmes nationaux (Action Cœur de Ville, Petites Villes de Demain, NPNRU et plan Logement d’abord) et leur effet levier, nous devions clarifier l’articulation entre les financements et communiquer pour mieux faire connaître les outils et les aides disponibles", détaille Céline Cassourret, conseillère en stratégies territoriales Outre-mer, à l’Anah.

Une convention issue du Plan logement Outre-mer II

En novembre 2019, un second plan gouvernemental a introduit  77 mesures en faveur du logement en Outre-mer. L’une d’elles prévoyait la mise en place d’une convention pluriannuelle de partenariat. Suite à un diagnostic, cette convention décline plusieurs objectifs :  

  • Consolider les connaissances ;
  • Construire des stratégies d’actions partagées pour agir sur les sites identifiés comme prioritaires et dynamiser le déploiement d’opérations programmées ;
  • Former et informer par des actions d’animation et de formation auprès du réseau d’acteurs (flyers, club Habitat, séminaires, tables-rondes sur les financements avec les DGTM - Direction Générale des Territoires et de la Mer -, etc) ;
  • Suivre évaluer et contrôler en organisant un suivi et une évaluation partagées des interventions.

La convention est commune à l’ensemble des territoires d’Outre-mer mais des spécificités d’intervention existent. "Des opérations programmées d’amélioration de l’habitat sont d’ores et déjà déployées dans les Antilles et la Guyane et de beaux projets de réhabilitation voient le jour. La mise en place de l’ingénierie est le sujet principal à Mayotte tandis que La Réunion commence à se concentrer sur la rénovation énergétique. En Guyane et à Mayotte se développent des interventions intégrant l’auto-réhabilitation accompagnée, pour répondre aux besoins de certains quartiers et villages", détaille Céline Cassourret.

Des résultats déjà très positifs

Avant la signature de la convention en 2021, un premier plan d’action annuela pu être mis en place en 2020. Pour Céline Cassourret, "ce plan d’action a permis de partager les connaissances entre les acteurs et de les aider à monter en compétence. C’est aussi un succès car la consommation du budget Anah pour l’Outre-mer a augmenté de 50% l’année dernière, par rapport à 2019. La dynamique concerne pour l’instant les aides à l’ingénierie mais devrait se traduire prochainement par une augmentation des rénovations engagées". Les efforts vont aussi progressivement se tourner vers la rénovation énergétique, avec les aides de l'Anah, notamment MaPrimeRénov’.