Châteauroux : les clés de réussite d’une rénovation efficace

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Avec l’Anah, Châteauroux Métropole mène depuis plus de 40 ans une politique volontariste en faveur de la rénovation de son parc privé. C’est toute une conjugaison d’actions et de partenariats qui porte aujourd’hui ses fruits. Collectivités et partenaires témoignent pour partager les clés de la réussite.

 

Une antériorité dans l’action

Pour rénover et réinvestir le parc de logements existants, Châteauroux Métropole mène une politique active depuis de nombreuses années. 4 Opah (opération programmée d'amélioration de l'habitat) se sont succédées, ainsi qu’un PIG (programme d'intérêt général) et plus récemment, une Opah-RU (opération programmée d'amélioration de l'habitat de renouvellement urbain) et Action Cœur de Ville. "Nous n’avons cessé de renouveler les opérations, en nous appuyant sur les résultats des précédentes", explique Magalie Bourdin, responsable du service Habitat Logement.
Avec près de 200 rénovations par an, les bilans sont remarquables pour une collectivité de cette taille. "Notre antériorité dans la politique de rénovation contribue à ces résultats : le parc a toujours des besoins, mais ne concentre pas de situations catastrophiques difficiles à traiter, selon Magalie Bourdin. Par ailleurs, avec une population constituée majoritairement de propriétaires occupants à faibles ressources, Châteauroux Métropole se prête particulièrement bien aux outils de l’Anah."

Des partenariats éprouvés et efficaces

Le premier facteur de réussite ? Pour Gil Averoux, Maire de Châteauroux et Président de la Métropole, "c’est une bonne communication auprès des personnes intéressées. Il faut toucher ceux qui en ont besoin, au bon moment". Plusieurs moyens sont mis en place pour y parvenir :

  • La communication institutionnelle par les mairies (plaquettes notamment)
  • La communication des fédérations de professionnels (les artisans)
  • Les services d’information de l’ADIL(agence départementale d'information sur le logement) – Espace Info Energie

Le partenariat entre la collectivité et l’ADIL se traduit depuis 2002 de diverses façons. Son rôle est avant tout de renseigner les particuliers sur leurs questions de confort thermique et de dépenses énergétiques. "Nous sommes sollicités par environ 150 personnes par semaine. Présents sur le territoire depuis près de 30 ans, beaucoup de demandes émanent du bouche-à-oreille. D’autres ménages sont orientés par les différentes plateformes comme celles de l’Anah, ou par les professionnels", détaille Christelle Fleuret, directrice de l’agence départementale.
Cette première étape avec l’ADIL est l’occasion de bien préparer le projet de rénovation, avant de passer la main à l’opérateur. Une méthode collaborative structurée et éprouvée, qui a conduit l’ADIL à mettre en place un outil numérique pour partager les informations utiles au projet avec tous les intervenants. Le partenariat avec l’ADIL a aussi permis de mener des actions communes de thermographie aérienne, pour mettre en lumière la problématique énergétique sur certains secteurs.

L’effet levier d’un territoire moteur

Chaque année, la collectivité consacre un budget de 1 million d’euros à la rénovation de l’habitat. Elle propose un abondement des aides classiques de l’Anah et une aide à la rénovation des façades. Le montant de subventions ainsi obtenu est un élément déclencheur, qui conduit le particulier à mener une rénovation efficace en accédant au reste de la palette d’aides existantes. "Le cumul de ces aides génère une bonne action sur l’environnement mais aussi un effet important sur le pouvoir d’achat des habitants, grâce aux économies de dépenses réalisées", rappelle  le maire.

La DDT (direction départementale des territoires) 36 accompagne quotidiennement la collectivité dans la mise en œuvre des dispositifs. Son directeur adjoint, Rémi Laurenson, salue les performances de ce modèle local. Pour lui, "tout ne peut pas être dupliqué ailleurs, mais le plus important est d’avoir un territoire moteur". Et c’est toujours le cas à Châteauroux Métropole comme le défend M. le Maire : "Notre priorité pour les mois à venir est de changer de paradigme. Nous allons abandonner la construction neuve pour focaliser toutes nos aides sur l’acquisition et la rénovation du parc ancien".