À Saint-Étienne, la valeur du partenariat pour lutter contre l’habitat indigne

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Le Plan local de l’habitat (PLH) de Saint-Etienne Métropole instaure des orientations fortes pour rénover le parc privé ancien et pour lutter contre l’habitat indigne. Sur le terrain, les acteurs s’associent pour réussir. Explications.

Repérages et interventions, toujours en partenariat

Pour intervenir efficacement contre l’habitat indigne, les acteurs locaux travaillent ensemble en amont, dès l’étape d’identification des situations difficiles. C’est ensuite une constante à chaque étape, avec l’acquisition éventuelle, l’accompagnement des ménages et le relogement, la rénovation ou la démolition. "À l’échelle des communes, nous avons mis en place des groupes de travail qui réunissent les acteurs de l’habitat comme la DDT 1 42, l’Adil 2 42, l’opérateur mais aussi tous ceux qui peuvent nous aider dans le repérage et l’intervention : l’ARS 3, la CAF ou les CCAS 4. Nous expérimentons aussi une analyse micro-locale du marché immobilier pour que le produit de sortie soit le plus pertinent par rapport au contexte", explique Patrice Raineri, directeur de l’habitat et de la cohésion sociale à la Métropole de Saint-Etienne. Pour des communes rurales ou péri-urbaines qui ont moins de ressources humaines et financières, des groupes intercommunaux de travail sont également mis en place.


3 dispositifs Anah sur le territoire de Saint-Etienne Métropole : 2 programmes d’intérêt général (PIG) et 1 Opah-CD (opération programmée d’amélioration de l’habitat de copropriétés dégradées).

Convaincre les copropriétaires, l’exemple du quartier Chappe Ferdinand

Dans la copropriété située au 78 rue Neyron, "l’enjeu était de rendre possible la rénovation, en faisant voter les travaux. Il fallait donc faire participer les copropriétaires aux différentes étapes décisionnelles, en transformant la contrainte en atout pour eux. Nous avons notamment valorisé le gain de confort dans les logements et dans les parties communes, ainsi que les économies d’énergie possibles", détaille Florence Pagat-Verne, gérante du syndic FPV Immobilier. Les travaux ont également permis la rénovation de deux logements qui étaient particulièrement dégradés. Pour Jack Arthaud, directeur général de l’EPA Saint Etienne, "les aides financières, dont celles de l’Anah, sont décisives pour que les travaux soient validés. Notamment, car le reste à charge très faible des copropriétaires modestes est un vrai levier".

Dans le quartier Beaubrun, focus sur l’intervention partenariale en cours

Plusieurs opérations sur des logements sont en train d’être réalisées, notamment rue Beaubrun. Le rôle du SCHS (service communal Hygiène et Santé) de Saint-Etienne est particulièrement important avec comme objectif prioritaire la mise en sécurité des habitants. Dans le quartier Beaubrun, il a permis d’identifier des situations indignes, de réaliser des arrêtés et/ou des actions coercitives lorsque nécessaire et de mobiliser toutes les instances partenariales. Sur le terrain, c’est Cap Métropole, l’opérateur mandaté par la collectivité, qui anime l’ensemble des actions. Pour Hervé Ménard, responsable des projets de renouvellement urbain chez Cap Métropole, "notre objectif est clairement celui de l’amélioration de la qualité de vie des habitants. Cela donne un spectre très large d’intervention, depuis la simple information des propriétaires jusqu’à des expropriations lorsque il y a un danger. Nous nous efforçons ensuite de proposer le meilleur projet possible en fonction de la demande, du bâtiment et des besoins de la collectivité. Dans la définition du projet et des aides mobilisables, il ne faut jamais oublier qu’il y a derrière des situations de fragilité des habitants, mais aussi des stratégies ou des non-stratégies immobilières."

En 2021, la lutte contre l’habitat indigne se poursuit

Dans la métropole de Saint-Etienne, la lutte contre l’habitat indigne va continuer de se faire avec l’ensemble des partenaires et des collectivités, en 2021. "L’année prochaine, nous prévoyons une mobilisation des aides de l’Anah à hauteur de 4,5 millions d’euros, dont 2 millions pour la résorption de l’habitat insalubre (RHI). Cela concernera notamment des études de calibrage et des participations aux déficits d’opération", détaille Arnaud Carré, chef de service habitat à la DDT 42.

 

Retrouvez ici notre reportage vidéo.

 


1.    Direction départementale des territoires
2.    Agence départementale d’information sur le logement
3.    Agence régionale de santé
4.    Centre communal d’action sociale