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La précarité énergétique en France

Etablie et définie par le rapport co-rédigé par Alain de Quero, (Anah), et Bertrand Lapostolet (Fondation Abbé Pierre) et présenté par Philippe Pelletier, Président du comité stratégique du Plan bâtiment Grenelle, la précarité énergétique fait désormais l'objet d'une politique d'envergure.

Selon le rapport du 15 décembre 2009, la précarité énergétique résulte de la combinaison de trois facteurs principaux :

  • des ménages vulnérables de par la faiblesse de  leurs revenus
  • la mauvaise qualité thermique des logements occupés
  • le coût de l’énergie

Il s’agit, donc, d’un phénomène complexe, issu de l’interaction entre des ménages, leur situation économique et sociale, et leur habitat dans ses dimensions économiques et techniques.

On peut représenter ce phénomène comme une spirale, entraînant des effets cumulatifs, aussi bien pour les personnes qui en sont victimes que pour le parc de logement concernés :
Impayés, endettement progressif, coupures d’énergie,

  • Restriction et privation de chauffage
  • Problèmes de santé (maladies respiratoires, surmortalité hivernale)
  • Repli chez soi, isolement social

Le rapport est disponible en ligne.

Un début de quantification de la précarité énergétique

L’état actuel des connaissances du phénomène et surtout la nature des données disponibles rendent toute quantification précise difficile.
Le seuil de 10% des revenus nécessaires à la satisfaction de ces besoins en énergie (ou taux d’effort énergétique) a été retenu comme base opératoire par le rapport Pelletier, avec deux précautions à souligner :

  • Cette base a le défaut de minorer l’approche en ne prenant pas en compte les pratiques de restriction ou de privation de chauffage, mais permet une approche statistique et surtout un croisement des informations sur les ménages (composition familiale, ressources, âge,…) et la nature de leur logement.
  • Les données de l’équation ressources des ménages / état des logements / prix des énergies sont par nature évolutives, et de manière différenciée : le seuil à 10% lui même peut donc demain devenir tout à fait inapproprié.

Les ménages concernés par la précarité énergétique apparaissent à travers cette approche être principalement des propriétaires occupants de maisons individuelles, et parmi eux majoritairement des ménages âgés de plus de 60 ans habitant en milieu rural ou dans de petites agglomérations.