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Agence nationale de l'habitat (ANAH)
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Nay : en quête d’une centralité renforcée

Photo Stephan Norsic

Le programme de revitalisation des centres-bourgs est lancé. Dans le Béarn, Nay fait partie des 54 villes lauréates. Cette sélection lui offre l’opportunité de préparer et de lancer des actions pour revaloriser son centre-ville. La réhabilitation de l’habitat ancien dégradé et vacant est au programme de ce projet global.

(extrait des Cahiers de l'Anah n°146)

Un programme qui tombe à pic

"Quand nous avons eu connaissance de l’Appel à manifestation d’intérêt (AMI) des centres-bourgs, nous nous sommes dit que c’était exactement le portrait-robot de notre ville. Cela tombe bien car ce programme national va dans le même sens que celui que nous souhaitons prendre localement pour revitaliser notre centre-ville", indique Guy Chabrout, le maire de Nay, une petite ville située entre Pau et Lourdes, au pied des Pyrénées. Seule commune du département des Pyrénées-Atlantiques à être lauréate de ce programme, Nay sait qu’elle dispose aujourd’hui d’une belle opportunité.

"Avoir été choisi va provoquer un effet d’émulation et d’accélération. Cela donne plus de visibilité à notre projet global qui s’organise en cinq axes prioritaires : aménagement urbain, habitat, économie, tourisme, qualité de vie", explique l’élu. Soutenue par la Communauté de communes du pays de Nay qui regroupe 26 entités, cette ville "bastide" du Béarn envisage de renforcer son rôle de bourg-centre en développant les cinq axes prioritaires cités ci-dessus. "L’existence d’équipements et de services de proximité basés à Nay ne sert pas qu’aux seuls habitants de la commune. Ils sont utiles à tout le bassin de vie environnant. Cela représente 30 000 personnes qui vivent dans les villages de cette partie de la vallée du Gave de Pau", précise Guy Chabrout.

Photo Stephan Norsic

Requalifier le centre urbain

Le plan d’investissement total de la requalification du centre de Nay a été chiffré à 18,75 millions d’euros, dont 13,4 millions dans l’habitat (social, privé, recyclage foncier). Le traitement de l’habitat constitue donc un morceau de choix dans ce programme transversal. La Ville prévoit la rénovation lourde de nombreux immeubles d’habitations avec une remise aux normes acoustiques, thermiques et électriques des logements vétustes, indignes, insalubres et vacants (les deux tiers se situant en centre ancien). L’identité architecturale de cette bastide du XIIe siècle est si particulière qu’elle a vocation à être respectée.

Organisée en carré tout autour d’une grande place centrale où trône la mairie, la "vieille" ville offre un tissu urbain dense composé d’immeubles mitoyens posés sur des parcelles longues et étroites, la plupart du temps imbriquées les unes dans les autres. "On trouve dans ces constructions anciennes des problèmes d’habitabilité et de clarté. Quelques habitations comptent des pièces sombres et parfois aveugles. Du coup, la thématique du recyclage foncier est nécessaire pour réaménager certains îlots dans de bonnes conditions. Ce levier sera parfois utile pour mener à bien ce renouvellement urbain", indique Pierre Hamelin, urbaniste au PACT Habitat & Développement Béarn Bigorre, chef de projet pour le compte de la Ville. "Ces actions sur le bâti sont nécessaires pour changer la qualité de vie des habitants actuels et pour en attirer de nouveaux. Pour y parvenir, il faut offrir des appartements aux standards de confort actuels et adaptés aux besoins de la population dans un environnement requalifié", indique-t-on à la mairie.

Photo Stephan Norsic

Mieux cibler les priorités pour agir

L’intervention sur l’habitat n’est pas un nouveau chantier pour Nay. Des actions volontaristes ont déjà été menées afin d’amorcer la réhabilitation énergétique, patrimoniale et écologique de ces immeubles datant du XIXe siècle. Une Opah à l’échelle de l’intercommunalité a été développée avec succès (284 logements réhabilités) entre 2005 et 2009. Un Programme d’intérêt général (Pig) départemental est en cours de renouvellement avec le Conseil départemental délégataire des aides à la pierre. "Toutefois, cela ne suffit pas encore à régler des situations complexes susceptibles de changer la physionomie du centre-ville. Tous les moyens, incitatifs et coercitifs, seront mis en œuvre pour obtenir des résultats", explique Pierre Hamelin.

"Grâce à ce programme national et aux aides qu’il va entraîner, les actions engagées ou à venir seront mieux ciblées et vont donc être plus efficaces", complète le maire. Une nouvelle Opah sera lancée en janvier 2016 et "elle sera bien connectée avec l’AMI", ajoute l’élu. Les dispositifs RHI (Résorption de l’habitat insalubre) et/ou Thirori (Traitement de l’habitat insalubre remédiable et des opérations de restauration immobilière) sont prévus dans trois sites bien identifiés regroupant huit à dix immeubles du centre-ville. À noter que la présence d’usines vides (Gibert, Petit-Boy) au cœur du bourg permet à la municipalité d’envisager leur reconversion en habitations et notamment en une quarantaine de logements sociaux. Ces ambitions concernant l’habitat sont à la hauteur des enjeux de cette petite ville en quête d’une plus grande attractivité et d’une centralité renforcée.

Photo Stephan Norsic

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