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Agence nationale de l'habitat (ANAH)
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Métropole de Lyon : un Popac pour accompagner le quartier de la Duchère

Photo Gilles Lefrancq

Le Grand projet de ville (GPV), lancé sur le quartier de La Duchère à Lyon, a très vite intégré la nécessité d’actions de prévention et d’accompagnement dans le parc privé. La Métropole de Lyon figure parmi les premières collectivités à avoir mis en place un Popac (Programme opérationnel de prévention et d’accompagnement en copropriété).

 

(extrait des Cahiers de l'Anah n°148)

Un engagement de différents acteurs

Le Grand projet de ville (GPV) de La Duchère avait pour objectif d’améliorer l’attractivité et la mixité du parc de logements du quartier. Plusieurs dispositifs ont irrigué ce projet qui a bénéficié, entre autres, des interventions de l’Anru (Agence nationale de rénovation urbaine), des bailleurs sociaux et de l’Anah.

"Le GPV consiste à redéfinir entièrement le quartier en équilibrant le logement social et privé", indique Michel Le Faou, vice-président de la Métropole de Lyon, en charge de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la Ville. Objectif atteint puisqu’aujourd’hui le rapport logement social/copropriétés est passé de 80/20 à 58/42 (avec comme objectif pour fin 2018 : 54/46). Un résultat qui a exigé un engagement global des acteurs mêlant veille et prévention, travaux sur le bâti et son environnement.

Photo Gilles Lefrancq

Des ateliers de formation à la copropriété

Le renouvellement du quartier se construit avec l’arrivée de nouveaux copropriétaires dont 80 % de primoaccédants. "Nous étions en veille dès le début pour accompagner ces ménages qui n’avaient pas l’expérience de la copropriété, poursuit Michel Le Faou. Je suis convaincu que le bon fonctionnement des copropriétés est un facteur déterminant de la réussite du renouvellement urbain."

Très vite, des conseils syndicaux désemparés alertent la Mission Lyon La Duchère sur des désordres fréquemment constatés au moment de la livraison d’un immeuble neuf. Bruno Couturier, directeur de la Mission, et son équipe, proposent très rapidement "des ateliers spécifiques pour aider les conseils syndicaux à dialoguer avec les promoteurs, notamment sur les garanties de parfait achèvement et de bon fonctionnement de la décennale. Ils ont complété ceux dédiés au fonctionnement de la copropriété et aux droits et devoirs de chacun." En 2012, la Communauté urbaine s’apprête à prolonger son dispositif de veille et d’accompagnement au moment où l’Anah lance l’expérimentation du Popac. "Ce programme de prévention légitimait notre action, la structurait plus solidement et lui donnait davantage d’ampleur", se souvient Delphine Agier, Directrice adjointe de Soliha Rhône et Grand Lyon.

Photo Gilles Lefrancq

Un accompagnement sur mesure

Le Popac de La Duchère se met en place courant 2013 sur 25 copropriétés avec une veille sur de nombreux indicateurs, dont le fonctionnement des instances de gouvernance (assemblée générale, conseil syndical…) ou le rapport entre propriétaires occupants et bailleurs. 15 copropriétés des années 1960/1970 sont concernées : elles avaient déjà bénéficié de dispositifs d’Opah, Pig économie d’énergie et plan de sauvegarde. 10 nouvelles copropriétés des années 2008/2010 sont également concernées et confrontées à différents types de problématiques.

"La prévention et l’accompagnement supposent d’abord d’écouter les copropriétaires pour ajuster les contenus des ateliers à leurs attentes", assure Delphine Agier. C’est pourquoi l’équipe d’animation intègre un spécialiste de la gestion des copropriétés et un énergéticien expert en chauffage urbain. Des fiches copropriétés et des tableaux comparatifs de données sont remises aux conseillers syndicaux afin d’analyser les principaux postes de charges et les impayés. Des réunions d’échanges entre membres des conseils syndicaux des anciennes et des nouvelles copropriétés ont également été organisées pour que les seconds bénéficient de l’expérience des premiers. Ces dispositifs ont parfois permis de faire baisser les charges en renégociant mieux certains contrats. 

Photo Gilles Lefrancq

Articuler le préventif et le curatif

Les années de prévention et d’accompagnement effectuées dans le cadre du GPV La Duchère font apparaître plusieurs enseignements. Bruno Couturier attire l’attention sur "l’importance d’articuler le préventif et le curatif pour assurer le bon déroulement des programmes de travaux et le fonctionnement normal des copropriétés". Les acteurs de ce projet ont ainsi tiré des conclusions de leurs constats sur les copropriétés existantes. Ainsi ils associent maintenant un expert des questions d’énergie et de chauffage pour définir avec l’aménageur (ici la SERL) des prescriptions très précises et les suivre tout au long du processus d’élaboration et de construction des programmes neufs (phases conception, réalisation, pré-livraison), afin d’en réduire les risques de malfaçons. Il a également été constaté qu’il était risqué d’interrompre brutalement l’accompagnement. Mieux vaut le prolonger en lui substituant un dispositif plus léger, la réussite du dispositif reposant sur l’adhésion et la participation active des copropriétaires.

Les élus de la Métropole de Lyon et de la Ville sont décidés à poursuivre la prévention et l’accompagnement. "Plus nous ferons de la prévention, plus nous interviendrons en amont des difficultés et moins nous serons obligés de nous engager dans des actions curatives longues et coûteuses, affirme Michel Le Faou. Nous souhaitons d’ailleurs mettre en place un Popac d’agglomération pour étendre ce dispositif partout où il est nécessaire." "Cette démarche est soutenue par la direction départementale du territoire du Rhône. Nous sommes associés avec l’Anah à la rédaction du cahier des charges du futur Popac et aussi à celui d’une Voc qui renforcera le dispositif existant", indique Laurent Véré, chef du service Habitat et renouvellement urbain à la DDT 69.

Photo Gilles Lefrancq