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Agence nationale de l'habitat (ANAH)
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Les Mureaux : le nouveau visage de la Résidence du Parc

Photo Cyril Chigot

Un cadre plus agréable et un calme retrouvé… Il a suffi d’une dizaine de mois de travaux pour transformer radicalement la Résidence du Parc, située aux Mureaux dans les Yvelines. Mais cette réhabilitation/résidentialisation est en réalité le fruit de sept années d’un plan de sauvegarde particulièrement volontariste.

(extrait des Cahiers de l'Anah n°143)

Une résidence qui revient de loin

Des portes vitrées en lieu et place des grilles d’entrée, du carrelage et des murs clairs, des batteries de boîtes aux lettres neuves… C’est avec le sourire que Mohamed Messaoudi, propriétaire, dresse l’inventaire des travaux qui ont changé le visage de sa copropriété. Mais les transformations qui lui tiennent le plus à coeur se trouvent à l’extérieur de son immeuble : un parking bien ordonné, des plates-bandes végétalisées et surtout la clôture qui protège l’accès à la résidence. "Maintenant, il y a moins de passage, moins de bruit et plus d’intimité… La vie est beaucoup plus agréable qu’avant."

Il faut dire que la Résidence du Parc revient de loin. "Cet ensemble constitué de deux copropriétés totalisant 52 petits logements et 23 petits pavillons a été construit en 1991, explique Mbarek Akafou, ancien conseiller municipal délégué à l’amélioration de l’habitat des Mureaux. L’ensemble a très vite périclité, avec une dégradation générale due à une mauvaise qualité de construction, d’importants arriérés de charges, une gouvernance défaillante et un climat de tension notable entre les propriétaires des pavillons et les habitants de la résidence, pour la plupart des locataires avec des profils sociaux très modestes."

Photo Cyril Chigot

Sortir de l’impasse

Les principaux sujets de discorde ? La voie privée séparant les pavillons des immeubles et un parking souterrain – qui constitue une troisième copropriété – laissé à l’abandon. De fait, en 2006, 15 ans seulement après sa création, la résidence est dans l’impasse et placée sous plan de sauvegarde. "Les objectifs du départ étaient ambitieux, souligne Francis Cura, chef de projet chez l’opérateur Ozone.

Il s’agissait d’améliorer la situation financière des copropriétés, de maîtriser les peuplements avec plus de mixité sociale, de restructurer les espaces intérieurs et de réaliser des travaux de réhabilitation tant sur le bâti que sur l’urbain, avec notamment une résidentialisation des deux immeubles collectifs et du parking ainsi que la création d’une nouvelle voie pour désenclaver le quartier."

Photo Cyril Chigot

Des débuts difficiles

Malgré l’implication de la mairie – coordonnateur du plan de sauvegarde –, de l’opérateur et du syndic Foncia, le bilan est loin d’être positif à la fin de l’année 2011 : un programme technique non finalisé, des travaux sur les extérieurs en manque de subventions, des évolutions administratives en suspens et des copropriétaires inquiets du montant des dépenses à envisager.

"Cependant, nous avions déjà enregistré un vrai progrès avec la revitalisation de l’association syndicale libre (ASL) fédérant les trois copropriétés pour toutes les questions relatives aux espaces communs, souligne Delphine Blanc, chargée de projet chez Ozone. En novembre 2011, un pas décisif avait même été franchi avec la signature d’un protocole d’accord entre la mairie et l’ASL, portant sur la rétrocession de la voie privée au domaine public et sur les mouvements fonciers correspondants."

Photo Cyril Chigot

La résidentialisation qui change tout

Les différents acteurs décident alors de prolonger le plan de sauvegarde pour une période de 18 mois. Et à partir de là, tout s’est enchaîné de manière plus fluide. "En février 2012, l’ASL a cédé la place à une union de syndicats de copropriétaires (USC) destinée à mutualiser la gestion des espaces extérieurs privés, précise Sophie Mestelan-Pinon, responsable de l’unité Parc privé et résorption de l’habitat indigne à la DDT des Yvelines. Puis, quatre mois plus tard, dans la foulée du rapport Braye, l’Anah a publié l’instruction autorisant le financement des travaux de résidentialisation des copropriétés en difficulté*."

Pour la Résidence du Parc, cette décision a changé le cours de l’histoire. "Ce volet du plan de sauvegarde était réellement la clé de la réussite, remarque Mbarek Akafou. Sans la clôture et l’aménagement des pieds d’immeuble, les travaux sur le bâti n’auraient sans doute pas eu d’effet durable. Et sans les aides de l’Anah, il aurait été impossible de passer à l’acte."

* Instruction relative à certaines mesures visant à améliorer les interventions de l’Anah en direction des copropriétés fragiles ou en difficulté du 5 juin 2012.

Photo Cyril Chigot

Réhabilitation complète

En octobre 2012, les budgets définitifs et les modalités d’appels de fonds sont votés en assemblée générale, avec un préfinancement des aides publiques par un prêt Copro du Crédit foncier. Les travaux, quant à eux, ont débuté en mai 2013 pour s’achever au début de cette année. Au total, le budget de cette réhabilitation complète s’élève à 1 million d’euros, avec environ 60 % pour le bâti (immeubles et parking), et le reste dédié à la résidentialisation. "Avec 383 000 euros investis dans les travaux sur les immeubles et la résidentialisation, l’Anah est le financeur principal de l’opération, poursuit Delphine Blanc. Mais le projet a aussi bénéficié de subventions du conseil régional d’Île-de-France, du conseil général des Yvelines et de la Ville, au travers du Fonds d’intervention communal pour l’amélioration de l’habitat (FICAH)."

"Mises bout à bout, ces différentes aides ont fait passer mon reste à charge de 13 000 euros à environ 7 000 euros, ajoute Mohamed Messaoudi. Pour moi, c’était important, car je venais d’acheter mon appartement." De son côté, la Ville a pris en charge les travaux sur la voirie rétrocédée et sa prolongation pour un montant de 150 000 euros. "Aujourd’hui, conclut Mbarek Akafou, la Résidence du Parc a enfin pris la place qui lui revenait au sein du tissu urbain des Mureaux et les habitants du quartier découvrent un nouveau vivre-ensemble."

Photo Cyril Chigot