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Agence nationale de l'habitat (ANAH)
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Le Havre : la lutte contre l'habitat dégradé dans les quartiers anciens

Photo Stephan Norsic

Le Havre travaille depuis début 2000 à la requalification de ses quartiers anciens. Bénéficiaire du programme national de requalification des quartiers anciens dégradés (PNRQAD) depuis 2011, la ville poursuit maintenant son action avec une nouvelle opération de revitalisation urbaine (Opah-RU), qui inclut un volet sur les copropriétés dégradées.

(extrait des Cahiers de l'Anah n°149)

Le lancement d’une seconde Opah-RU

Avec un centre-ville inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, un port et des docks en pleine reconversion, Le Havre (Seine-Maritime) est une ville dont l’image se transforme et s’apprécie au fil des ans. Réputée pour ses immeubles de béton réalisés dans les années 1950 par l’architecte Auguste Perret, cette cité portuaire (173 000 habitants) dispose aussi d’autres quartiers centraux moins connus, bien plus anciens (datant du XIXe siècle) et fortement dégradés. C’est pour changer la physionomie de ces secteurs en difficulté que la municipalité du Havre a engagé, depuis 2000, un vaste travail de renouvellement urbain.
Ses interventions se concentrent dans les anciens faubourgs (Danton, Sainte-Anne, Eure-Brindeau), notamment situés de part et d’autre du Cours de la République. De nombreux petits immeubles en briques, propres à l’architecture locale, sont encore laissés à l’abandon ou sont occupés par des ménages fragiles qui vivent dans des logements dégradés. En avril 2016, la ville a lancé en régie sa seconde Opah-RU, qui s’achèvera en 2021. Cette nouvelle opération, qui a prévu un volet sur les copropriétés dégradées, prend le relais de la précédente, qui s’est déroulée de 2010 à 2015.

Photo Stephan Norsic

Le recours à l’AMO Flash

L’action ciblée sur ces quartiers anciens havrais s’est intensifiée, en 2010, avec le lancement du PNRQAD de 2011 à 2016. Cette convention nationale concernait notamment ces quartiers du Havre. À la clé : des fonds pour démolir des logements dégradés, reconstruire de l’offre de logements neufs, restructurer des immeubles entiers, recomposer des îlots et requalifier des espaces publics.
Malgré ces financements aidés, il subsiste de nombreuses situations difficiles et non encore résolues. Aussi, avant d’engager sa seconde Opah-RU et pour agir avec davantage d’efficacité, “la ville du Havre a eu recours, en mai 2014, à une étude de l’Anah baptisée AMO Flash”, précise Daniel Lehué, responsable du bureau de l’habitat ancien à la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) de Seine-Maritime. Pour mémoire, ce dispositif qui existe depuis 2013, est proposé aux collectivités locales par le pôle copropriété de l’Anah afin de leur apporter une expertise et un regard extérieur sur leurs projets complexes liés aux copropriétés dégradées.

Photo Stephan Norsic

Un ciblage des interventions

Forte des résultats de l’Opah 2010-2015, des préconisations de l’assistance à maîtrise d’ouvrage AMO Flash et d’une étude pré-opérationnelle pilotée par un cabinet indépendant Urbanis, la ville a couplé sa nouvelle Opah avec un dispositif préventif (POPAC*) et ciblé ses futures interventions (soutenue par la Communauté d’agglomération havraise, l’Anah, la DDTM et la CAF) sur des îlots géographiquement proches. "Plutôt que d’agir comme auparavant en diffus sur des immeubles éparpillés avec des résultats peu visibles, nous avons choisi de travailler sur des îlots proches où se mêlent bâti existant et constructions neuves", explique Nathalie Anfrye, responsable du service amélioration de l’habitat à la Direction aménagement et maîtrise d’ouvrage de la ville du Havre.
* Programme opérationnel de prévention et d’accompagnement en copropriété.

Photo Stephan Norsic

Un projet global

Cette nouvelle opération programmée s’inscrit dans un projet global de requalification du centre ancien qui met en synergie différentes initiatives : des aides financières et techniques à destination des propriétaires bailleurs et occupants pour rénover leur habitat (lutte contre l’habitat indigne) ; une campagne de ravalement de façade des immeubles ; une action de redynamisation commerciale grâce à la reconduction des aides du FISAC* ; la mise en place d’une Opération de restauration immobilière (ORI) et la programmation d’un recyclage foncier sur trois îlots. Sans oublier, un vaste projet urbain engageant la reconversion de l’ancien site de la maison d’arrêt dans le quartier Danton qui va générer 400 logements. "L’action sur l’habitat privé et public, neuf et ancien, doit se réaliser dans les mêmes périmètres autour des grands projets d’aménagement. Ainsi, l’Opah-RU va accompagner la transformation urbaine des quartiers du centre ancien", résume Stéphane Helouard, responsable de la veille immobilière et du recyclage foncier.
* Fonds d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce.

Photo Stephan Norsic

Une charte de relogement

Pour mener à bien ses projets urbains d’envergure et réaliser du recyclage foncier, la ville du Havre s’occupe en amont du relogement et de l’accompagnement des ménages. "Au cours de l’avancement des Opérations de restauration immobilière (ORI), il est nécessaire de trouver des solutions temporaires ou définitives de relogement pour les habitants", explique Charline Belhadj, responsable du volet social des dispositifs contre l’habitat dégradé à la ville du Havre. Dans le cadre de la convention du PNRQAD, la ville s’est engagée à respecter une "charte de relogement". Elle travaille notamment en lien avec les bailleurs sociaux, une agence immobilière à vocation sociale (AIVS®) locale et l’Armée du Salut. Elle mobilise également le dispositif d’aides de l’Anah pour l’accompagnement social renforcé (financement du projet, accompagnement pendant les travaux, suivi et aide à la réappropriation du logement) à destination des propriétaires occupants très modestes.

Photo Stephan Norsic