Accès rapide : contenu | navigation | recherche |
Agence nationale de l'habitat (ANAH)
ImprimerEnvoyer
Dossiers

Joinville : des ambitions fortes pour le centre-ville

Photo Stephan Norsic

Le programme de revitalisation des centres-bourgs est lancé. 54 communes vont disposer de moyens humains et financiers pour redynamiser leur centre ancien. Parmi elles, Joinville dans la Haute-Marne, qui compte notamment sur cette opération de réhabilitation pour redonner de l’attractivité à son centre-ville historique.

(extrait des Cahiers de l'Anah n°146)

Dynamiser les projets enclenchés en 2012

Située entre les villes de Chaumont et de Saint-Dizier, Joinville, a toujours été le "bourg-centre" pour les villages environnants. La Communauté de Communes du Bassin de Joinville en Champagne (CCBJC), qui regroupe 59 communes rurales, totalise près de 13 500 personnes qui se rendent à Joinville pour ses équipements scolaires et de santé (hôpital), ses commerces, ses services sociaux et autres services de proximité (gendarmerie). "C’est pour renforcer ce pôle central et structurant que nous devons rendre Joinville encore plus attractive", explique Thierry Paquet, maire adjoint en charge de l’urbanisme.

Lauréate de l’Appel à manifestation d’intérêt (AMI) des centres-bourgs, cette municipalité compte bien, aujourd’hui, "profiter d’un effet de levier pour dynamiser les premiers projets enclenchés en 2012 et surtout pour en engager de nombreux autres dans les mois et années à venir", ajoute Anthony Koenig, chef de projet Urbanisme à la mairie de Joinville. "Avoir été choisis par le ministère légitime notre action sur le terrain. Cela va nous aider à sensibiliser les partenaires locaux susceptibles de cofinancer nos opérations liées à la redynamisation de l’habitat, du commerce et de l’emploi. Pour mémoire, notre autofinancement reste limité car la Ville a été, jusqu’en 2010, fortement endettée et a une assiette fiscale qui reste très faible", ajoute Anthony Koenig.

Photo Stephan Norsic

Un état des lieux alarmant

En plus des problèmes financiers, la Ville a, en l’espace de 30 ans, perdu de sa superbe. La désindustrialisation de l’activité locale (fonderie et métallurgie) a fait grimper le taux de chômage (19,7 %), paupérisant les ménages (le revenu moyen par habitant est inférieur à 1 400 euros par mois). Au cours de cette période, la ville s’est vidée d’un quart de ses habitants. La dégradation de l’économie locale a eu des effets dévastateurs dans le centre-ville, provoquant la fermeture de nombreux commerces et la dégradation générale de l’habitat privé faute de moyens financiers et faute d’occupants (20 % de vacance).

Les marchands de sommeil sont apparus, louant à des ménages à revenus très modestes des logements indignes et insalubres. D’autres propriétaires tout aussi indélicats ont acquis à bas prix des hôtels particuliers dans le seul but de les piller. Ils les ont entièrement désossés pour revendre les cheminées, les boiseries et les parquets d’époque, laissant ces bâtis exsangues et en ruines. Or, "l’habitat du centre-ville, datant des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, est un élément de l’identité de notre cité. C’est même, avec les sept monuments historiques de la Ville, a chair de notre richesse patrimoniale et architecturale. C’est pour cela que nous mettons aujourd’hui tout en œuvre pour sauver et restaurer ces immeubles abîmés. La restauration de l’habitat est au cœur du dispositif de revitalisation de notre centre-bourg", soutient Thierry Paquet. La requalification immobilière du centre historique s’avère un enjeu d’autant plus important que l’État prévoit, à l’horizon 2020, d’installer à 20 minutes de Joinville, CIGEO, un centre de stockage de déchets radioactifs. Cette infrastructure devrait créer à terme plus de 2 000 emplois et donc amener des habitants.

Photo Stephan Norsic

Reconquérir le parc privé ancien

Avant même de candidater à l’AMI, la Ville avait déjà pris son destin en main. Avec l’aide du préfet de la Haute-Marne, Joinville a bénéficié en 2012 du Comité local d’accélération des politiques publiques (Clapp) qui permet de lancer des actions dans le domaine patrimonial, commercial, des espaces publics ou encore de l’habitat. C’est à cette occasion qu’a mûri son action sur le parc privé et qu’ont été mis en œuvre tous les leviers de l’Anah, comme ceux de la police du maire. Depuis 2012, le maire a signé 28 arrêtés portant sur l’insalubrité, l’abandon manifeste et la récupération de biens vacants et sans maître.

À ce jour, une quarantaine d’édifices font l’objet d’une procédure coercitive et la municipalité envisage de procéder à des Opérations de restauration immobilière (ORI). Pour mieux préserver son patrimoine architectural de caractère, la Ville a décidé de créer une Aire de mise en valeur de l’architecture du patrimoine (Avap) et a lancé une campagne de ravalement avec des aides financières à la clé. Dès septembre 2015, une Opah Renouvellement Urbain sera lancée à l’échelle du centre-bourg. Au programme : 155 logements à restaurer en cinq ans. "Redonner un cadre de vie de qualité au centre-bourg se mène sur tous les fronts : celui du logement, des commerces, des espaces et des équipements publics, sans oublier notre volonté de développer une offre touristique et culturelle qui ajoute de l’animation à la ville", résume Thierry Paquet.

Photo Stephan Norsic

Dossier

Nay : en quête d’une centralité renforcée

Dans le Béarn, Nay veut profiter du programme de revitalisation des centres-bourgs pour réhabiliter l’habitat ancien dégradé et vacant de son centre-ville.