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Agence nationale de l'habitat (ANAH)
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Haute-Normandie : une étude approfondie pour la stratégie de l’habitat privé

Façade d'un immeuble en Opah-RU à Dieppe
Photo Éric Sempé

La Haute-Normandie vient de se doter d’un outil statistique complet capable d’analyser l’habitat privé local dans toutes ses dimensions. Cartes, tableaux, analyses complètes... autant de données utiles pour mieux déployer les aides de l’Anah sur ce territoire.

(extrait des Cahiers de l'Anah n°142)

Affiner la programmation des aides

"Améliorer les connaissances du parc privé et optimiser la distribution des aides afin de mieux les répartir sur le territoire." Voilà, selon Lionel Hermange, chef du bureau Logement, construction et aménagement à la DREAL (1) de Haute-Normandie, les raisons majeures qui ont amené les DDTM (2) de l’Eure et de Seine-Maritime à engager conjointement une "Étude régionale sur la stratégie habitat privé". Désormais finalisé et sur le point d’être mis en ligne, "ce travail va permettre d’affiner la programmation des aides et de les caler sur l’analyse des besoins locaux", indique Laurent Véré, chef du service Habitat à la DDTM de la Seine-Maritime.

"L’outil offre les moyens d’objectiver, de hiérarchiser et de caractériser les différents secteurs de la région. Ce sera un atout précieux pour la déclinaison des politiques nationales et l’élaboration des plans d’action locaux." Dès le départ, le spectre d’observation a été volontairement large et global, puisqu’il s’agissait de passer en revue plusieurs grandes thématiques comme la lutte contre l’habitat dégradé et indigne, la précarité énergétique, l’autonomie et le handicap, l’accès à la propriété, le conventionnement ou encore les copropriétés fragiles. Face à un champ d’observation aussi vaste, il a fallu agir avec méthode et porter une attention toute particulière au cahier des charges.

 

(1) DREAL : direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement.
(2) DDTM : direction départementale des territoires et de la mer.

Photo Éric Sempé

20 000 logements par an d’ici à 2020

L’étude a été séquencée en quatre étapes. La première, qui s’est achevée fin 2012, a consisté en un état des lieux de l’habitat privé en Haute-Normandie. Ses résultats seront bientôt mis en ligne. La deuxième et la troisième phase, qui viennent d’être terminées, concernent respectivement la mesure des enjeux et l’élaboration d’une stratégie. La quatrième étape portera sur un plan d’action évolutif et une simulation de répartition par territoires d’intervention des objectifs de rénovation énergétique de l’habitat privé du SRCAE (Schéma régional du climat, de l’air et de l’énergie), fixés à 20 000 logements par an d’ici à 2020, dont 15 000 logements privés.

L’état des lieux a été dressé grâce au croisement de diverses données concernant le logement privé. Des extraits du fichier Filocom à l’exploitation des CD-Rom de l’Anah (de l’habitat privé et du parc privé et potentiellement indigne), en passant par les études réalisées les ADIL (3) et la DREAL et celles portant sur le vieillissement de la population (un sujet particulièrement important dans la région). Pour traiter et modéliser ces données chiffrées, la DREAL a eu recours aux services du Centre d’études techniques de l’équipement (CETE) – devenu depuis le 1er janvier 2014 le CEREMA (4) – , une entité du réseau scientifique et technique (RST) du ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, qui dispose de logiciels et de méthodes statistiques spécifiques.

 

(3) ADIL : agence départementale d’information sur le logement.
(4) CEREMA : centre d’études et d’expertises sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement.

Photo Éric Sempé

Statistiques et typologie de territoires

Le CETE a utilisé deux méthodes statistiques baptisées ACP (Analyse en composante principale) et CAH (Classification ascendante hiérarchique). "Ces outils permettent de définir une typologie de territoires qui s’affranchissent des périmètres institutionnels. C’est une façon de présenter des caractéristiques homogènes concernant le parc privé et à partir desquelles on peut mettre en place une stratégie ciblée et un plan d’action prioritaire, pertinent et cohérent", résume Lionel Hermange.

L’ACP permet ainsi une analyse conjointe d’un grand nombre de données. La CAH permet, quant à elle, de rapprocher les EPCI (5) présentant des profils ressemblants et de les classer de façon homogène. "Cette vision est intéressante, car les périmètres actuels prennent souvent appui sur les aires urbaines ou sur les territoires de projet (pays, communautés d’agglomération) qui masquent certains phénomènes et ne permettent pas toujours une compréhension fine du fonctionnement des territoires", ajoute Lionel Hermange.

 

(5) EPCI : établissement public de coopération intercommunale.

Photo Éric Sempé

Confronter résultats et objectifs

Ainsi, les 75 EPCI regroupant les 1 420 communes de la Haute-Normandie ont été répertoriés en neuf grandes familles, dont "trois sont particulièrement concernées par les aides de l’Anah", souligne Laurent Véré. "Il s’agit des catégories intitulées 'interstitielles rurales', des 'territoires à prédominance rurale' et des 'pôles urbains secondaires structurants'", indique ce dernier. Une fiche "portrait" passe en revue les principales caractéristiques de chaque classe, comme l’évolution démographique, les grands enjeux, et fournit un résumé des problématiques liées à l’habitat privé. Ce travail très précis a conduit à élaborer une grande variété d’indicateurs objectifs restitués sous différentes formes (cartographies, tableaux, diagrammes...), qui ouvrent la porte à de très nombreux champs d’analyse.

"On peut par exemple disposer d’un tableau confrontant les résultats des Pig et des Opah avec les objectifs et, surtout, les mesurer face aux besoins du territoire. C’est une façon d’avoir une meilleure visibilité pour avancer et programmer les politiques, illustre Lionel Hermange. Nous avons d’ores et déjà pris en compte l’outil de programmation des besoins pour proposer une répartition des objectifs 2014 de l’Anah. Ce travail en concertation avec les DDTM se poursuit actuellement." Les collectivités locales de la région – dont six sont délégataires des aides à la pierre – vont désormais pouvoir appuyer leurs stratégies sur cet outil très complet, qui leur sera présenté à partir du mois d’avril.

Photo Éric Sempé