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Agence nationale de l'habitat (ANAH)
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Aizenay : une opération de rénovation énergétique par un propriétaire bailleur

Photo C. Pottier/Le Bar Floréal

Située en Vendée, Aizenay mène depuis plusieurs années des Opérations programmées d’amélioration de l’habitat (Opah). Au fil du temps et de la réglementation, cette collectivité a intégré avec succès les volets "rénovation énergétique" et "propriétaires bailleurs".

(extrait des Cahiers de l'Anah n°147)

De nombreuses actions de rénovation

À Aizenay, petite commune de 9 000 habitants, les Opah, on connaît ! Depuis 1988, pas moins de cinq de ces opérations proposées par l’Anah se sont enchaînées sur ce territoire niché entre Challans et La Roche-sur-Yon. La dernière en date se déroule actuellement sur la Communauté de Communes Vie et Boulogne (CCVB), à laquelle Aizenay appartient, sur la période 2013-2016.

"Notre parc immobilier est composé d’un bâti ancien. On trouve de petits immeubles en centre-bourg et des maisons en milieu rural. On croit toujours que grâce à ces actions menées sur une longue période, on vient à bout de la rénovation de cet habitat vieillissant. Or, au gré des recensements, des évolutions de la vacance et de l’évolution des normes thermiques, on se rend compte qu’il y a toujours un volant d’habitations privées nécessitant de gros travaux", explique Bernard Perrin, maire d’Aizenay et vice-président de la CCVB. Ce besoin de remise à niveau du parc immobilier ancien est d’autant plus important que la Ville et sa communauté de communes enregistrent, depuis quelques années, une augmentation régulière (+ 2 % par an) de sa population. Et ce dynamisme démographique génère une demande de logements aux normes de confort actuelles.

 Photo C. Pottier/Le Bar Floréal

Le volet incontournable de la rénovation énergétique

Depuis le lancement du programme Habiter Mieux en 2010, la commune d’Aizenay et la CCVB ont inséré dans leurs Opah, le volet "rénovation énergétique". De nombreux dossiers, montés par l’opérateur local, Habitat et Développement Océan, ont été financés en prenant en compte cette problématique. "Pour se rendre compte du champ d’action dans ce domaine, nous avons mené, il y a 3 ans, une thermographie aérienne des constructions érigées sur l’ensemble de notre territoire", souligne Bernard Perrin.

À ce jour, 90 à 95 % des dossiers traités et financés au sein de l’Opah intègrent une action concernant la rénovation énergétique. "Sur 234 logements subventionnés par la CCVB depuis 2011, 144 ont été éligibles au programme Habiter Mieux. Pour la seule ville d’Aizenay, le nombre d’habitations subventionnées s’élève à 66 (sur 234) dont 44 (sur 144) au titre de ce même programme", détaille Fabrice Gousseau, chef du Service Habitat et Construction à la Direction Départementale des Territoires et de la Mer de la Vendée.

Photo C. Pottier/Le Bar Floréal

L'accès aux aides Habiter Mieux pour les bailleurs

Si les propriétaires occupants sont, en majorité, concernés par les subventions versées par l’Anah, le département de Vendée (délégataire des aides à la pierre) et les collectivités locales, quelques propriétaires bailleurs commencent à profiter de cette offre locale. "À la suite des évolutions de la réglementation Anah, les bailleurs peuvent accéder aux aides Habiter Mieux", indique Didier Mandelli, sénateur de la Vendée et président de la CCVB.

Les effets de cette nouvelle politique ont ainsi profité à Martial Guyon, un artisan en maçonnerie d’Aizenay. Fin 2014, ce dernier achète en centre-ville un petit immeuble des années 1920, à l’abandon. Après avoir installé au rez-de-chaussée les bureaux de son entreprise et créé un commerce destiné à la location, il décide de réhabiliter au niveau supérieur, le logement de 77 m2 en état vétuste. "J’ai appris par un de mes clients qu’il existait des aides pour ce genre de travaux. Je me suis renseigné, avant même d’acheter, et voilà le résultat", explique Martial Guyon. La rénovation complète (menuiserie, isolation, plomberie, électricité, chauffage par le plancher, etc.) de son appartement a généré un coût de travaux de 75 000 € TTC dont 29 800 € d’aides (Anah : 25 000 € ; Habiter Mieux : 2 000 € ; CCVB : 2 800 €). Il a obtenu un gain énergétique de 65 % liés aux travaux.

Photo C. Pottier/Le Bar Floréal

Un résultat concluant

Le logement a fait un saut de trois étiquettes sur la grille du Diagnostic de performance énergétique (DPE) passant des lettres G à D. "Il me reste à charge 45 200 € que je finance à crédit", précise ce dernier. Ce trois-pièces quasiment neuf est loué, depuis mai dernier, à un couple de retraités, sous conditions de ressources, qui s’acquitte chaque mois d’un loyer conventionné de 415 €.

"Ces loyers encaissés sur 9 ans vont permettre au bailleur de couvrir les dépenses qui lui restent à charge, et il bénéficiera en outre des déductions fiscales pendant toute cette période", souligne Fabrice Gousseau. Cette opération certes atypique (mixte habitat et commerce) commence à faire des émules. "Grâce au bouche à oreille et à des réunions d’informations régulières menées auprès des propriétaires et des professionnels locaux, des opérations analogues initiées par des propriétaires bailleurs commencent à se monter ici et là, notamment sur d’autres communes de la CCVB", constate Didier Mandelli.

Photo C. Pottier/Le Bar Floréal