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Agence nationale de l'habitat (ANAH)
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Sevran : une copropriété au centre de toutes les attentions

Photo DR

Pour les copropriétés les plus précaires, le recours à un plan de sauvegarde est parfois indispensable. Exemple à Sevran (93), où la résidence Boétie 3 est en cours de réhabilitation.

 

Lorsque la ville de Sevran lance en 2004 un diagnostic sur 18 copropriétés, l’objectif est de dresser un état des lieux de l’habitat. "À l’époque, nous ne savions pas précisément quelles actions mener. L’idée, c’était de voir s’il fallait agir, et comment", se souvient Sandrine Lempérière-Gobardham, directrice du service Habitat et Logement à la Ville de Sevran. Dans le quartier de Montceleux Pont-Blanc, c’est l’opérateur Ozone qui est chargé de l’étude sur un îlot mixte, comprenant 4 copropriétés. Et qui ne tarde pas à déceler de lourds dysfonctionnements dans l’une d’elles.

Vaincre les appréhensions

"Nous nous sommes tout de suite aperçus que la copropriété Boétie 3 rencontrait de grosses difficultés", souligne Francis Cura, gérant d’Ozone. Gouvernance quasi-inexistante, mésententes, occupants très défavorisés, division des logements, syndic refusant de coopérer… Pour sauver cet immeuble de 110 logements, des moyens importants doivent être mis en œuvre. C’est l’option du plan de sauvegarde qui est retenue et mise en œuvre dès 2012, avec un soutien de l’Anah à hauteur de 1,3 million d’euros au total. Mais la réussite de l’opération se joue aussi dans les mentalités : "Il a fallu un an pour démontrer aux copropriétaires que le plan est bénéfique pour eux", souligne Sandrine Lempérière-Gobardham. "L’intervention publique était remise en cause par les occupants, qui redoutaient son coût malgré des financements à hauteur de 80%. Même après le début des travaux, il nous a fallu intervenir pour empêcher des heurts avec les ouvriers", confirme de son côté Francis Cura.

Prolongation du plan de sauvegarde

Un chantier difficile, qui suit néanmoins son cours grâce aux efforts conjoints de l’opérateur et de la Ville. Les ascenseurs défectueux font l’objet de travaux prioritaires, tandis que le syndic sort peu à peu de son isolement et accepte de collaborer avec Ozone. Viennent ensuite les travaux sur le clos couvert, dont l’isolation thermique. Source de conflit avec la copropriété voisine, le comptage du chauffage, autrefois mis en commun, a été séparé. Fort de ces succès, le plan de sauvegarde a été prolongé de deux ans en 2017. "La situation s’améliore, notamment l’équilibre financier de la copropriété. Mais il reste du chemin à parcourir", conclut Francis Cura.