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Agence nationale de l'habitat (ANAH)
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Actualités

3 questions à Claude Dilain, nouveau président de l'Anah

Vous venez d'être nommé président du Conseil d'administration de l'Anah. Que représente cette nomination pour vous ?

C’est pour moi un grand honneur d’avoir été nommé à la présidence du Conseil d’administration de l’Anah. J’ai également conscience des responsabilités inhérentes à cette fonction. En effet, mes mandats locaux de maire et de conseiller général m'ont permis d’appréhender de manière très concrète les problématiques d'habitat privé dégradé. En ma qualité d’élu local, j’ai eu à connaitre des missions et des réalisations de l'Anah, qu'il s'agisse de lutte contre l'habitat indigne, de lutte contre la précarité énergétique, du traitement des copropriétés dégradées, ou encore de l'aide au maintien à domicile des personnes âgées. Je sais aussi combien l'Agence œuvre en faveur de l'accès au logement des personnes les plus modestes.
C’est pourquoi, j’ai le sentiment que cette nomination s’inscrit dans le prolongement de mon engagement quotidien à construire une société solidaire. Je serai aux cotés des collectivités locales qui souhaitent s’inscrire dans cette démarche afin qu’elles puissent bénéficier de toute l’expertise de l'Agence.

Quels sont les axes majeurs d'intervention de l'Agence que vous souhaitez développer durant votre mandat ?

L'action de l'Anah est inscrite au cœur des priorités gouvernementales telles que la rénovation énergétique de l’habitat, le programme relatif à la revitalisation des centres bourgs et l’adaptation des logements à la perte d’autonomie. Ce positionnement de l’Agence est le fruit du travail mené par mon prédécesseur, Dominique Braye, qui a permis à l’Anah de s’adapter à ces forts enjeux sociaux, économiques ou environnementaux.

C’est pourquoi, après quelques semaines de prise de fonction, je souhaite m’inscrire dans la continuité de l’action menée ces deux dernières années. Elle sera poursuivie, développée et amplifiée. Je pense tout d’abord au rôle joué par l’Anah dans la lutte contre la précarité énergétique. La réussite du programme Habiter Mieux, qui s’inscrit dans le plan de rénovation thermique de l’habitat (PREH), a permis en 2013 d’entreprendre des travaux d’économie d’énergie dans plus de 30 000 logements. Des objectifs plus ambitieux ont été assignés à l’Agence pour les prochaines années. Nous les atteindrons ! Cette dynamique observée sur les territoires, nous la retrouvons aussi dans l’adaptation des logements à la perte d’autonomie. En répondant à cet enjeu du maintien à domicile des personnes âgées, l’Anah joue un rôle essentiel dans le « mieux vivre » chez soi et le plus longtemps possible.

L’Anah a d’autres défis à relever dans les prochains temps. Son intervention sur l’habitat doit devenir un outil au service de l’égalité des territoires. Elle sera, j’en suis convaincu, au rendez-vous. Je pense notamment au nouveau programme centré sur la requalification des centres bourgs. Ce programme suscite une forte attente des territoires fragiles qui souhaitent redonner une attractivité à leurs pôles de centralité. En effet, la fonction d'opérateur de référence, que l’Anah a vocation à occuper au sein de ce dispositif, devrait permettre d’aider ces territoires en perdition à retrouver, pour les habitants et les entreprises, de l’attractivité.

Par ailleurs, l’Agence sera amenée à s'impliquer dans la mise en œuvre de la loi ALUR, en adaptant ses outils et ses modes d'intervention aux nouvelles dispositions, notamment en matière de prévention et de traitement des copropriétés en difficulté et d'habitat indigne. L'Anah s'investira également dans la mise en place des observatoires locaux des loyers et devra faire évoluer, en cohérence avec les règles d'encadrement des loyers, ses modalités de conventionnement afin que ses aides restent attractives et que puisse se développer un parc privé accessible sur les territoires où c’est nécessaire.

Le travail de coordination et de collaboration avec l'Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU), engagé avec le lancement du nouveau programme national de rénovation urbaine, devra par ailleurs être affirmé et sa lisibilité renforcée pour les porteurs de projets. C'est en effet l'articulation entre parc privé et parc public qui permet de construire un marché local de l'habitat favorisant la mixité sociale et l'accès au logement des ménages les plus modestes.

Enfin, l'amélioration du soutien aux propriétaires occupants et bailleurs passe, à mon sens, par le renforcement des partenariats, dont dépend la réalisation de nos objectifs, tant en matière de rénovation énergétique que de maintien à domicile. L'Anah est déjà très investie dans ce domaine. Mon rôle consistera à conforter et à amplifier les dynamiques qui se construisent partout sur les territoires et j'irai donc à la rencontre de ces partenaires en régions.

Quelles sont les conditions, selon vous, pour que l'Anah atteigne ses objectifs ?

Nous ne réussirons que si les collectivités sont partenaires des politiques de l'Anah et qu'elles partagent avec elle des objectifs communs. Nous devons travailler ensemble et l'Agence doit les soutenir dans leurs démarches d'amélioration de l'habitat privé et des conditions de vie de nos concitoyens.

La réussite de l'action de l'Anah passe ainsi par un investissement constant dans la qualité et la disponibilité de son expertise, sa capacité d’anticipation, l’amélioration du service rendu à tous ses bénéficiaires, et la recherche de la meilleure efficience des aides apportées. Elle passe aussi par l'adéquation entre ses moyens et ses objectifs. Je ne doute pas, malgré le contexte budgétaire très contraint, que le Gouvernement, qui a fait de ces politiques une véritable priorité économique et sociale, dotera l’Agence des moyens financiers à la hauteur de ses engagements.

Sur tous ces sujets, je sais pouvoir compter sur sa nouvelle Directrice générale, Blanche Guillemot, et sur l’ensemble des équipes de l’Anah.